Apprendre l'anglais à un enfant... et 96 autres langues : écouter, parler, et beaucoup rire

Écouter, parler, rire : comment aider un enfant à apprendre l’anglais et découvrir 96 autres langues sans transformer ça en devoir.

Mardi, 19h. Depuis le salon, une voix : « Compagnon, comment on dit "j'ai pas fait exprès" en anglais ? » Puis : « Et en japonais ? » Puis : « Et en swahili ? » Vous égouttez les pâtes, et vous venez d'assister à quelque chose de précieux. Une envie d'apprendre qui ne vient ni d'un cahier, ni d'une interro. Juste d'une question. Car pour apprendre l'anglais, un enfant n'a pas seulement besoin de leçons. Il a besoin d'en avoir envie. Et parfois, cette envie commence par le japonais.

L'anglais dès le CP et pourtant...

Depuis la rentrée 2016, tous les élèves français apprennent une langue vivante dès le CP. Dans l'immense majorité des écoles élémentaires, cette langue, c'est l'anglais. Au collège, il continue, et une deuxième langue arrive en cinquième.

Sur le papier, un enfant qui entre en sixième a donc déjà plusieurs années d'anglais derrière lui. Et pourtant, beaucoup de parents font le même constat : il connaît ses listes de vocabulaire, il réussit ses exercices écrits... mais dès qu'il s'agit de parler, il se bloque.

Ce n'est ni un manque de travail, ni un manque de talent. C'est souvent une question d'ordre.

Pour apprendre l'anglais, un enfant a d'abord besoin d'entendre

Repensez à la façon dont votre enfant a appris le français. Il l'a d'abord entendu, des milliers de fois. Puis il a essayé de le dire, maladroitement, jusqu'à ce que ça sorte tout seul. La lecture et l'écriture sont arrivées des années plus tard.

Avec l'anglais, l'ordre s'inverse souvent : des listes de mots, des verbes irréguliers, des phrases à recopier. Tout cela a son utilité, et on en parle régulièrement dans nos articles consacrés aux apprentissages scolaires. Mais il manque une étape.

Une langue qu'on n'a jamais entendue reste une langue qu'on n'ose pas parler.

C'est tout l'intérêt de Compagnon, la boîte à savoirs des 8-15 ans : il ne fait que parler. L'enfant pose sa question à voix haute, il entend la réponse, il répète. Puis il recommence. En anglais, et dans 96 autres langues. C'est simple, et c'est exactement comme ça qu'il a appris à parler.

Enfant qui parle avec Compagnon dans plusieurs langues

Le bon accent, dès le premier mot, dans 97 langues

Qui n'a jamais découvert, adulte, qu'il prononçait de travers un mot anglais depuis des années ? Un mot mal entendu la première fois s'installe, et il faut ensuite le désapprendre.

L'anglais est plein de pièges : « squirrel », « comfortable », « Wednesday », dont une partie des lettres ne se prononce pas. Sans parler du « th », ce son qui n'existe pas en français et que tant d'élèves transforment en « z ».

Quand Compagnon répond en anglais, il prononce comme il faut. Et c'est la même chose en espagnol, en allemand, en japonais ou en arabe. L'enfant entend la bonne musique dès le départ : l'accent tonique, les sons inconnus, la façon dont une phrase monte ou descend. Il n'aura pas à désapprendre plus tard.

Un professeur particulier qui a tout son temps

Beaucoup de professeurs d'anglais connaissent cette scène. L'élève sait. Il a la réponse en tête. Mais il ne la dira pas à voix haute, parce qu'il faudrait prononcer devant toute la classe. La peur de se tromper devant les autres est plus forte que l'envie de participer. Ce blocage est particulièrement fréquent à l'entrée au collège, à l'âge où le regard des autres pèse de plus en plus lourd.

Le remède, c'est de pouvoir s'entraîner sans public.

Compagnon peut l'interroger sur son vocabulaire, lui faire répéter une phrase, l'entraîner à se présenter avant son oral. Autant de fois qu'il le faut, sans jamais s'impatienter. Seul dans sa chambre, on peut se tromper, rire de soi et recommencer. Et c'est souvent après s'être beaucoup trompé à l'abri des regards qu'on finit par oser en classe.

Un conseil, au passage : quand votre enfant se lance en anglais devant vous et fait une erreur, évitez de le corriger à chaque mot. Répétez simplement la phrase correctement, comme vous le faisiez quand il était petit. Il entendra la bonne version sans avoir l'impression d'être pris en faute.

97 langues pour faire le tour du monde depuis sa chambre

Il existe aujourd'hui plus de 7 000 langues parlées dans le monde, selon le recensement de référence Ethnologue. Avec Compagnon, un enfant peut en explorer 97.

Dire bonjour en swahili. Compter jusqu'à dix en coréen. Découvrir qu'en allemand, une petite boîte d'allumettes se dit « Streichholzschächtelchen », et qu'en islandais, le chat se dit « köttur ». Chaque mot est une petite porte ouverte sur un pays et une autre façon de nommer les choses. Et une question en entraîne une autre : « Et on parle cette langue où ? » « Pourquoi ils ont un mot pour ça et pas nous ? »

Les mots voyagent, comme les traditions. Halloween, par exemple, est parti d'Irlande avant de nous revenir d'Amérique. Et parfois, pas besoin de traverser une frontière pour ne plus se comprendre : il suffit d'écouter un ado crier « six-seven » dans le salon.

Cette curiosité sert aussi l'anglais. Un enfant qui s'amuse à découvrir des mots en japonais comprend une chose essentielle : une langue, ce n'est pas seulement une matière à l'école. C'est une porte ouverte sur le monde. Et l'anglais devient l'une d'elles, plutôt qu'une corvée.

Et on rit, beaucoup

« Dis "mon frère sent des pieds" en italien. » « Raconte-moi une blague en anglais. » « Répète en chinois, mais plus lentement. »

Les enfants adorent faire parler Compagnon dans toutes les langues. Ils testent, ils s'amusent, ils se lancent des défis entre frères et sœurs. Ça pourrait passer pour un simple jeu.

Ça n'en est pas un. Un mot appris dans un fou rire a toutes les chances de rester. Et surtout, un enfant qui s'amuse avec une langue a envie d'y revenir. Avant de bien parler anglais, il faut avoir envie de le parler.

Sept idées pour s'y mettre à la maison

Faites-le réviser autrement. La veille de l'interro d'anglais, au lieu de lui faire réciter vous-même sa liste, laissez-le demander : « Compagnon, interroge-moi sur les mots de la maison en anglais. » Il s'entraîne seul, vous vérifiez à la fin. C'est une source de tension en moins le soir.

Entraînez-le à se présenter. C'est souvent le premier exercice oral au collège. Il demande à Compagnon comment dire son âge, ses passions et sa famille en anglais, puis s'entraîne à tout enchaîner à voix haute. Le jour où le professeur l'interroge, la phrase est déjà dans son oreille.

Instaurez le mot du jour au dîner. Chaque soir, quelqu'un choisit un mot et une langue : « Comment on dit "bon appétit" en japonais ? » Tout le monde le répète avant de commencer à manger. Et si vous aimez les rituels du dîner, chaque mois, notre newsletter vous propose une histoire vraie à raconter à table.

Lancez le défi « une langue par semaine ». Le lundi, on choisit une langue parmi les 97. Le dimanche, il doit savoir dire bonjour, merci, compter jusqu'à dix et se présenter. Un petit tableau sur le frigo permet de suivre les langues déjà « conquises ».

Parlez la langue de la famille. Une grand-mère portugaise, un oncle polonais, une marraine qui vit en Allemagne ? Préparez ensemble un message dans leur langue pour le prochain appel. L'effet est garanti, des deux côtés.

Organisez le concours du mot impossible. « Squirrel », « Worcestershire », « Streichholzschächtelchen »... Chacun propose le mot le plus difficile qu'il connaît, Compagnon donne la bonne prononciation, et toute la famille tente sa chance.

Traduisez la phrase la plus absurde. Il invente la phrase la plus bizarre possible et la fait traduire en anglais, puis dans quatre autres langues. « La girafe a oublié ses lunettes. » Fou rire assuré, et quelques mots retenus au passage.

Ce que ça change, au fond

Apprendre l'anglais, pour un enfant, ce n'est pas seulement mémoriser des listes. C'est entendre avant d'écrire, oser parler avant d'être sûr de soi, se tromper et recommencer. Et c'est découvrir, au passage, que d'autres voient le monde autrement.

Compagnon n'a pas l'ambition de remplacer le professeur d'anglais. Il offre autre chose : un endroit où l'on peut s'entraîner librement, poser toutes les questions, même les plus farfelues, dans 97 langues, et prendre goût aux langues avant même de savoir qu'on est en train d'apprendre.

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